LE LEVRIER D'AFGHANISTAN: EXTRAIT D'UN LIVRE DE LA MANUFACTURE DE CYCLES ET ARMES DE ST ETIENNE SUR LES CHIENS D'AGREMENT DATANT DE 1933
Peu connu en France ou il n’en existe que quelques exemplaires, ce chien mériterait de l’être d’avantage en raison de sa beauté un peu étrange et de ses qualités remarquables de courage, d’intelligence et d’attachement. Le lévrier afghan, ou tazi,ou chien de kaboul, appartient à la grande famille des lévriers orientaux ; c’est un cousin du sloughi et du lévrier persan ; mais, vivant dans les régions montagneuses du nord de l’Inde, il s’est adapté au climat très rude de ces hauts plateaux. Non seulement une abondante fourrure, développée sur les membres et les flancs lui permet de résister au froid, mais, habitué à poursuivre le gibier sur des terrains difficiles, il a acquis une vigueur et une endurance peu communes. Dès le début de ce siècle, quelques sujets avaient été introduits en Angleterre ; mais l’Afghanistant ayant été pratiquement fermé aux étrangers jusqu’à la guerre, ce n’est que ces derniers temps qu’il a été possible de se procurer des reproducteurs en nombre suffisant pour tenter l’élevage de ce lévrier dans nos pays. En dépit des affirmations de certains écrivains anglais, qui, non contents de prétendre qu’un chien de cette race accompagnait Noé dans l’arche, donnée historique difficilement vérifiable, considèrent qu’il s’agit d’animaux sacrés, exclusivement entretenus par la famille royale ; il apparaît, aux dires des voyageurs bien au courant des mœurs d’Afghanistan, que le chien de Kaboul est élevé par les paysans montagnards dans une saleté et une misère effroyable. L’homogénéité remarquable de cette race, entretenue par des peuplades totalement ignorantes de ce que peut-être la sélection, est évidemment due à l’absence presque complète de communication avec des pays voisins, qui en a empêché l’adultération. Fort et actif,donnant une impression de puisance et de grâce, ce chien mesure, dans nos pays, 71 cm pour le mâle, 65 à 66 cm pour la femelle.Il s’agit là d’un maximum en fait le chien afghan est, d’ordinaire plus petit dans sont pays d’origine. La tête ressemble à celle des autres lévriers, de forme ovale, avec un occiput saillant, porte des oreilles longues, plantées bas et tombantes. Les yeux sont de teinte foncée, et la truffe est obligatoirement noire. La poitrine est bien descendue, est moins plate que celle du Barzoï, le dos est à peu près droit ; la croupe est inclinée vers la naissance de la queue. Celle-ci est longue ; presque dépourvue de poils, enroulée à l’extrémité et tenue basse { ?}. Les pieds de devant sont larges et longs, avec des doigts bien arqués, ceux de derrières sont un peu moins développés. La robe est constitué par une épaisse fourrure de poil fins qui sont surtout longs sur les flancs, les cotes, l’encolure et les membres au desquels ils forment comme une sorte de pantalon descendant jusqu’au sol et qui sont un peu plus courts sur le dos. Les oreilles sont, elles aussi, abondamment garnies de poils, enfin, il en existe une touffe longue et soyeuse sur le sommet de la tête. La couleur est variable ; il est des sujets uniformément blancs ou noirs, fauves ou gris. Plus souvent, dans ces deux dernières teintes, les membres, les flancs et la touffe occipitale sont plus clairs, tandis que le dos est plus foncé. Enfin, on apprécie beaucoup les chiens qui ont le museau, le bord des oreilles, lespaupières et les cils très noirs. Jusqu’à maintenant, les Anglais ont à peu près complètement monopolisés l’élevage de ce chien, qu’il est difficile d’importer directement d’Asie. Les prix très élevés que les éleveurs d’Outre-Manche exigent pour céder leurs produits explique sa rareté en France, c’est dommage, car c’est peut-être le plus sympathique de tous les grands lévriers. Non seulement sa fourrure et l’aspect original de sa tête en font un animal hautement attractif, mais on ne saurait trop vanter son intelligence qui paraît supérieur à celle de ses cousins, quand elle n’est pas masqée, comme cela arrive souvent, par une timidité excessive, sa gentillesse, son goût des caresses, son dévouement au maître, ainsi que son courage, qui permet , le cas échéant, de l’utiliser comme chien de garde. La photo qui illustre cet article est tirée du bulletin n° 113 de 1982 ce document a été prêté par Miss NIBLOK, il s’agit du Major BELL-MURRAY posant avec ses trois chiens. Quand à l’article il avait été reprit dans le bulletin n°40 datant des mois d’avril,mai,juin 1962.