1989 …… que d’anniversaire cette année là : Bicentenaire de la révolution française, Centenaire de la Tour Eiffel…. Et Cinquantenaire de notre Club.
Reprenons les propos d’un des fondateur du Club, Madame Marguerite BOURCEY :
Eh oui, il y a 50 ans que naissait modestement le club FALAPA.
Une certaine personne, Madame BOURCEY, avait eu l’idée de s’amouracher de 2 lévriers Afghans rencontrés au hasard d’une promenade en 1930. De cette rencontre allait naître une passion. Il fallut importer d’Angleterre et créer un petit élevage amateur (Original Kennel). Puis l’idée vint de réunir tous les amateurs de cette race afin de la mieux faire connaître et de mieux parvenir à son développement.
Quoi de plus agréable, lors de réunions sympathiques de parler d’une passion commune : l’afghan. L’idée d’un club avait germé !
Mais pour créer un club il faut des membres et les propriétaires d’afghans étaient peu nombreux à cette époque que Monsieur et Madame BOURCEY eurent l’idée de grouper les lévriers de’Asie. Ainsi le club réunissait les amateurs d’afghans et de salukis.
Le 13 Février 1939, le club français des Lévriers d’Asie voyait officiellement le jour et son siège social au Perreux. Les premiers Statuts furent établis. Après son inscription à la Préfecture de Police, la S.C.C accepta le stage d’affiliation. Le 1er comité comprenait 10 membres dont certains s’illustrèrent par la suite dans le milieu cynophile.
Le bureau d’alors comprenait bien sur les fondateurs :
Les membres du comité comprenaient entre-autres Mesdames MEYER et PERIER, Monsieur POUCHAIN qui fut par la suite un juge très apprécié qui dirigea la S.C.C. pendant des années et fut Président du Club des Epagneuls Bretons.
Malheureusement, la déclaration de guerre laissa pendant plusieurs années les activités du club en suspens. C’est après la démission de Monsieur et Madame BOUCEY dont les activités professionnelles en province ne leurs permettaient plus d’assurer la direction du club que celui-ci fut restructuré le 21 Mai 1948. Son nom fut légèrement modifié.
Il s’appellera désormais : CLUB FRANÇAIS DES AMATEURS DE LEVRIERS D’ASIE "PERSANS et AFGHANS"
Nom sous le quel il est connu aujourd’hui. Le siège social fut transféré à Colombes. L’affiliation à la S.C.C fut alors confirmée. Les Statuts seront alors modifiés et précisés.
Le nouveau bureau fut composé ainsi :
Monsieur EYKERMANN prit la présidence, les vice-présidents Monsieur Louis FAYOLLE(élevage du Château des Roches), Mademoiselle Suzy SOLIDOR (chanteuse), Monsieur DAVAINE (Vétérinaire), la trésorière Madame WALTERT (éleveuse), la secrétaire Madame Magdeleine DEMARNE (élevage des Ailes).
Le Comité comprenait en tout 14 membres, quelques années plus tard, après les démissions de Madame EYKERMANN et de Madame WALTER, Madame DEMARNE fut élue Présidente le 10 Juin 1951 et son mari devient secrétaire-trésorier. Le siège social fut donc transféré au Bourget. Le « règne » de Madame DEMARNE devait durer jusqu’en 1976 – 25 ans.
Le Club comptait alors 36 membres en 1951. C’est en Mars 1952 que le 1er bulletin trimestriel d’information vit le jour. Bien que sommaire, ce 1er bulletin apporta beaucoup au club. C’est un peu grâce à lui qu’un club peut vivre, se développer…. Et devenir aussi important qu’il est aujourd'hui.
La Création de la coupe « Challenge » eut lieu quelques mois plus tard en juin 1952. Cette coupe est toujours attribuée aujourd’hui.
Lors des Nationales d’Elevage 1953, une question très importante fut abordée cette année là : celle des commentaires du standard de nos races suivant le plan type de description d’une race adopté par le congès de Monaco de 1934 et organisé par la F.C.I.
L’Afghan Hound, association anglaise, et la S.C.C approuvèrent ces commentaires du standard. On prit conscience d’un autre point très important en 1956, la nomination des juges selon leur compétence, c’est pourquoi il fut décidé que pour devenir juge chaque candidat devrait passer un examen; examen qui existe toujours à l’heure actuelle.
En 1957, 6 ans après la nomination de Madame DEMARNE à la présidence, le nombre des membres avait pratiquement triplé et on comptant 100 membres actifs. C’est à cette période qu l’on commence à parler de courses de lévriers et de leur entraînement.
C’est en 1970 que Madame BOURCEY la fondatrice du club réintégra le comité en tant que Vice-Présidente. Le club comptait alors 225 Membres et il fut décidé en 1971 que chaque nouvel adhérent devrait désormais être parrainé.
Durant ces 25 années, le club FALAPA dirigé par Madame DEMARNE vit passer dans son comité de nombreuses personnes connues par leur dévouement au monde canin.
Je ne citerai que quelques-unes telles que :
- Les juges Monsieur SIMÉON LAVALLART - Messieurs MONTENOT, DEROUET - Le vétérinaire Docteur MERY - Les éleveurs Madame TABAK (élevage de Tahlab) - Monsieur FOURNIOLS (élevage de la Goutte d’Or) - Monsieur GALLIBERT (élevage du Loiret) - Madame LEPOINT (élevage de l’Oasis aux Sumacs) - Monsieur MORA (élevage de Toscane)
Le 24 septembre 1976, Madame DEMARNE donnera sa démission et une élection générale du comité aura lieu le 29 novembre 1976. 37 candidats se proposèrent pour ces élections.
Fut élu nouveau président, Monsieur BOUJASSON, les Vice-Présidents furent Madame BOURCEY, et Messieurs DESMET et GRIMBERG, le secrétaire Monsieur DE VESINS, la Trésorière Madame SAALE.
Cependant après 7 mois de présidence, Monsieur BOUJASSON donnera sa démission et sera remplacé par le docteur Alain CAMPAGNE le 26 juin 1977. C’est sous sa présidence que fut créé la spéciale d’élevage, ébauche de la Nationale d’élevage d’aujourd’hui. Celle-ci eut lieu le 25 Septembre 1977 à Normanville et comptant 138 Afghans et 49 Salukis. Mais il n’y avait pas d’attribution du C.A.C de championnat. Celui-ci ne fut accordé que l’année suivante lors de la 1ère Nationale d’Elevage à St.Etienne en 1978 . Cette même année, le club éditera un livre qui aura un énorme succès: « Le Lévrier Afghan et Saluki ». Malheureusement ce livre est aujourd’hui épuisé. En 1979, la Nationale d’Elevage se tiendra à Poitiers. C’est avec beaucoup de regret que tous les membres du club acceptèrent la démission du Docteur CAMPAGNE en le remerciant pour le travail effectué en tant que Président.
Le 3 Novembre 1979, Monsieur Henri HUYGHUES-DESPOINTES devint le nouveau président , c’est alors que la Nationale d’Elevage fut fixée à Mâcon et que celle-ci devint la fête annuelle du club réunissant chaque année un nombre considérable d’Afghans et de Salukis français mais aussi étrangers.
Aprés 8 ans de dévouement au club, Monsieur HUYGHUES-DESPOINTES démissionnera de la présidence qui sera reprise le 21 Novembre 1987 par Monsieur Robert GRIMBERG, qui démissionne le 29 Novembre 1992. Il aura pour successeur à la présidence, Monsieur Jean-Jacques DUPAS, qui démissionnera le 27 Mars 1994 pour raison de santé, Monsieur Henri HUYGHUES-DESPOINTES reviendra et prendra la présidence le 24 Septembre 1994. Le 14 Juillet 1997, à la suite des élections Monsieur Jean-Marie IMHOFF lui succédera.
Depuis sa restructuration complète en 1976, le club subira un essor considérable lié aux efforts des dirigeants successifs et au développement de nos deux races qui aura son apogée dans les années 1979 à 1983 (1254 membres actifs en 1980). Depuis le cheptel de nos Lévriers est en baisse pour diverses raisons, et nos races ne sont pas les seules dans le 10° groupe auquel elles appartiennent, qui suivent une courbe descendante.
IL ETAIT UNE FOIS…. DES LEVRIERS D’ASIE
Pour nous, Occidentaux, l’Asie commence où se termine l’Europe : au Dniepr, à Istanbul, sur la Mer Noire et sur les bords de la Méditerranée. Pour nous, FALAPA, l’Asie c’est l’ancien Orient sans l’Extrême. C’est « l’Orient Mystérieux » de Racine. C’est « l’Orient Compliqué » de Charles de Gaulle. C’est un pays dont les gens inspirent à Montesquieu sa boutade « Comment peut-on être persan ? »
Berceau des Dieux, des plus légendaires civilisations, des plus anciens chiens historiques du Monde : les nôtres, tel est cet Orient fabuleux. Des montages au Nord, des océans à l’Est, des déserts au Sud et la Mare Nostra à l’Ouest allaient stopper pendant des Siècles le débarquement des Afghans et des Salukis en Occident. Des lévriers sont venus par le Nord, des plaines et des steppes avec les Celtes, quelques Persans parvinrent dans l’Italie marchande du Quattrocento, mais rien de durable. Il fallut attendre que l’aventure coloniale anglaise les sorte de leur retraite pour les exposer à nos yeux éblouis.
En 1895, un chien étrange et étranger faisait son apparition mais était-ce un Afghan ? En 1907 le célèbre « Zardin » défrayait la chronique et avait droit à sa représentation par un peintre célèbre. Enfin en 1920, après la Première guerre mondiale, une bonne demi-douzaine d’Afghans s’installèrent en Angleterre pour y faire souche et d’autres encore.
Il fallut attendre 1935 pour qu’un Afghan devienne français. En 1895 également le saluki faisait son apparition toujours en Angleterre. Certes on peut penser que bien longtemps avant, quelques-uns avaient débarqué jusqu’en Ecosse dans les bagages des Celtes. Mais, allez le prouver. C’est surtout en 1921, toujours après la Première Guerre mondiale que le célébre SARONA KELB allait imposer aux Occidentaux le type Saluki. La France, toujours en retard dans le domaine lévrier, dut attendre 1934 pour enregistrer son premier R.I. : une belle chienne de quatre ans en provenance de Syrie.
VOILA PRESQUE 100 ANS Donc 1895 c’était presqu’il y a 100 ans. Nous ne saurions presque rien du « look » de ces ancêtres, si, en 1894 et 1897, le comte Henri de BYLANDT n’avait publié chez VANBUGGEN HOUDT à Bruxelles deux gros livres « traitant 316 races et sous-variétés avec 1392 gravures représentant 2064 chiens ». Nous avons extrait de cette bible illlustrée les pages concernant nos races avec leurs standards supposés. A cette époque, le problème des « lévriers d’Asie » n’était pas bien réglé. Si le Saluki restait le Saluki, l’Afghan hésitait encore dans son poil et le « lévrier d’Asie » venant un ne sait d’où, allant on ne sait où, était là pour essayer de la mettre d’accord. Il faut savoir que dans ce même livre en deux volumes, pas moins de 9 pages étaient réservées au Greyhound et pas moins de 12 pages allaient au Barzoi. Question de mode d’autres parts, lorsque nous voyons la charmante tête du sujet qui illustre les Afghans dans un charmant cartouche, elle est plus celle d’un Saluki que d’un seigneur de Kaboul. On pense à la confusion des cynologues de ce temps-là. L’Asie restait un mystère.
FALAPA ! D’où venons-nous ? VOILA QUELQUE 50 ANS
Nous sommes en 1934, le monde chien et la cynophilie s’organisent. Le premier Saluki français est inscrit mais sans nom véritable. L’année suivant Madame BOURCEY importera le premier Afghan. Le Congrès cynologique Mondial de Monaco réunit ce qui se fait de mieux comme cynologues et essaie de discipliner les droits et les devoirs des éleveurs de chiens et des clubs qui président aux destinées des races.
Cette même année 1934, paraît aux « Editions du Fleuve » à Lyon un volumineux ouvrage : « TOUS LES CHIENS » du Docteur vétérinaire Hubert HEUILLET préfacé par le Professeur DECHAMBRE et illustré par André LAGARRIGUE dans lequel nous retrouvons l’image et le standard de nos deux compagnons.
1935 – C’est une date importante pour les lévriers d’Asie, les Afghans principalement qui allaient enfin pouvoir être inscrits sur le Livre des Origines Française et bien qu’Anglais d’origine faire souche en France. Nous n’avons pu retrouver des photos du n°12 mais du n°2, une lice de Madame BOURCEY, qu’il faudra comparer aux précédentes représentations. C’est NALINI OF ENRIALIC .
1939 – L’Europe sent le soufre. Les Amateurs de Lévriers d’Asie sont encore rares mais passionnés, suffisamment passionnés pour se regrouper et créer le Club des Lévriers d’Asie qui allait devenir le Club FALAPA
Comment étaient les Afghans d’il y a cinquante ans ?
Madame Marguerite BOURCEY présente à Berlin un mâle, encore d’origine anglaise, mais inscrit au L.O.F. sous le n°16. Cet étalon, qui fait premier à Berlin et termine brillamment son championnat, c’est AZURA TALIB. C’était comme pour les jeux Olympiques, le dernier Printemps de Berlin. Quelques mois après, c’était le silence bruyant de la guerre surtout pour les chiens de race étrangères, asiatiques, anglaises ou françaises. Les Lévriers d’Asie allaient laisser la place à d’autre Bergers Allemands, Rottweilers, Dobermanns, etc. pour d’autres excercices que les présentations canines.
Les chiens n’avaient plus qu’un droit et un devoir : faire la guerre, garder les camps. La chasse au gibier était fermée. La cynophilie mondiale, française et le FALAPA ne tournaient plus. En ce qui concerne les Salukis, le mystère s’obscurcit. Leur présence dans notre temps semble avoir suivi d’une part l’évolution de la politique coloniale française, d’autre part l’expression d’une certaine mode élitiste.
Il y a eu des Persans d’origine dès 1934 mais inscrits d’abord dans un livre « fourre-tout » voisinant avec des exemplaires de races Rarissimes. C’est en 1937 que l’on trouve deux premiers Salukis inscrits au registre initial en provenance de là-bas. Ils ont été introduits par des militaires qui étaient en poste au Moyen-Orient et c’étaient les chiens et les hommes retrouvés à Alger. Nous traînons encore nos guêtres en Syrie. Le Liban était encore sous mandat français. La guerre de 1939-1945 allait brouiller les cartes. Dans l’hexagone élargi au Maghreb, les sujets « d’origine » allaient vieillir et disparaître. Il n’en restait que deux au L.O.F et une petite poignée chez certains esthètes pendant la guerre. D’autre part les amateurs de ce temps- là étaient assez négligents. Ainsi en 1939, deux militaires stationnés à Alger, précisément s’étaient bien inscrits au jeune club FALAPA du temps comme propriétaires de Salukis qui venaient sans doute du Moyen-Orient mais avaient sans doute complètement oublié d’inscrire leurs animaux au registre initial qui n’était pourtant pas très encombré.
Là-bas, les Britanniques et les Américains nous remplaçaient maintenant dans « cet Orient compliqué où De Gaulle arrivait avec des idées simples ». Liban et Syrie accèderont à l’indépendance en 1941, alors que la Palestine gardait dans une certaine mesure ses liens avec la Couronne. Faute d’importateurs, puisque nos militaires ne guerroyaient plus là-bas, il n’y eut plus d’importés ni de nouveaux Salukis d’origine en France. Le goût du persan chez nos compatriotes n’était toutefois pas perdu. Quelques isolés inscrits au Livre des Origines Françaises mais le R.I. devenait rare, c’est le Kennel Club qui maintenant le remplaçait. Pour en être sur, il suffit d’examiner les deux premiers pedigrees, les n° Persans 1 et 2 et de les comparer aux numéros 9 et 10. Huit ans les séparent mais les premiers ont disparu. Les Salukis allaient, comme les Afghans d’ailleurs, vivre à l’heure anglaise, de toutes manières, anglo-saxonne.
La purge sera affaire européenne
Il fallut attendre 1948 pour que le cheptel se reconstitue, que les amateurs retrouvent le chemin des rings et que nos compagnons relèvent la tête. Le FALAPA prit alors son nom définitif : CLUB FRANÇAIS DES AMATEURS DE LEVRIERS D’ASIE – PERSANS et AFGHANS.
En Mars 1952, c’était la parution du premier bulletin de liaison qui allait souder le club.
1989 – PRUNOY- C’est le cinquantenaire du FALAPA mais où sont nos lévriers d’antan ?
Certes, ils ont gardé leur originalité mais l’homme, les éleveurs et le public dans ses désirs les ont lentement modifiés, les ont améliorés en codifiant leurs amours comme le faisaient déjà leurs anciens maîtres orientaux. Cherchez dans leurs dernières représentations à notre Nationale d’Elevage du cinquantenaire, leur ancienne splendeur qui fit l’étonnement de l’Occident. Les Salukis restent, peut-être, « tels qu’en eux-mêmes l’Eternité les change » : BEAUX, MYSTERIEUX et HIERATIQUES.
Les Afghans s’envolent, eux dans DES NEBULEUSES DE POILS. LEURS DESTINS SONT TRACES.